Le 10 décembre 2025, la citadelle de Tripoli a repris vie grâce à une initiative de l’ONG MARCH, en partenariat avec le ministère de la Culture, l’armée libanaise, l’instance de secours et la municipalité de Tripoli. Pendant plus d’un mois, des jeunes issus de quartiers marginalisés – Jabal Mohsen, Bab el-Tebbaneh, Melloulé, Mankoubine et Wadi Nahle – ont nettoyé et illuminé ce monument longtemps négligé. Certains d’entre eux s’étaient affrontés par le passé sur les lignes de front; ils se retrouvent aujourd’hui côte à côte pour préserver un patrimoine commun.
La cérémonie de clôture, organisée dans l’enceinte même de la citadelle, s’est tenue sous le parrainage du ministre de la Culture, représenté par le directeur général des Antiquités, Sarkis Khoury, en présence du président de la municipalité de Tripoli, de responsables officiels, de l’armée et de la représentante de l’ambassade du Royaume-Uni, principal soutien du projet. Après l’hymne national et la projection d’un court documentaire, la présidente de MARCH, Lea Baroudi, a rappelé que l’objectif n’était pas seulement de restaurer un site, mais de donner une deuxième chance à des jeunes longtemps stigmatisés.
Les témoignages des participants ont mis en avant un message de coexistence et de dignité. Un jeune de Jabal Mohsen a raconté qu’il entrait pour la première fois dans la citadelle, alors qu’elle domine sa propre ville, et qu’il éprouvait une réelle fierté à la nettoyer aux côtés de jeunes de Bab el-Tebbaneh et de soldats de l’armée. Un autre a résumé l’expérience en disant que tout le monde les jugeait sur leur passé, sauf l’association MARCH qui les aide à le dépasser.
La soirée s’est achevée par la remise de certificats aux soixante jeunes et militaires impliqués, puis par la levée du drapeau libanais sur les remparts au son de la musique militaire. Plus qu’un chantier de nettoyage et d’éclairage, cette initiative pose la culture comme un levier de réconciliation et de lien social, et rappelle que la citadelle de Tripoli, entre mihrab et autel, reste un symbole vivant de coexistence possible.

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